Épisode #4 : À l’assaut des plateaux

Un article paru dans le Magazine Lylo n°12 (mars 2016)

Je suis en train de dérouler mes câbles. L’ingé son me demande : « Combien de bains de pied ? ». Bienvenu à File 7 sur une grosse scène avec du matos et de vrais techniciens pour une résidence de deux jours.

Je m’étais rencardé au centre FGO-Barbara lors d’une conférence dédiée aux problématiques liées à la résidence : A quoi ça sert ? Où la faire ? Comment la financer ? On nous a également donné de bons tuyaux, par exemple ne pas picoler la veille ou encore avoir répété. Utiles. Pour ma part, j’ai eu la chance de pouvoir bénéficier de l’aide du Studio des Variétés, qui m’a tout défriché dans le cadre d’une formation. L’idée était de passer des cafés-concerts et des couloirs du métro, où j’avais l’habitude de me produire, à une scène professionnelle. Pour cela, on a décidé de bosser sur un mini concert de 45 minutes. Deux jours, six coachs et une belle résidence à côté de chez Mickey.

Revenons à notre bain de pied. Il s’agit des retours qui sont sur scène dans le jargon des techniciens. Nous voilà donc au travail. On « plugge » tout mon bazar, on balance les instruments, on gaffe les jacks tout en laissant du mou afin de pouvoir aller de cour à jardin. « Allume les pares, mets-y de la gélatine, je règle la douche ». Plan de feu et son ok, on peut y aller.

Je joue dix titres devant un grand barbu, le coach en chef, et ses apprentis coachs venus des Victoires de la Musique, de la scène rock belge ou du théâtre. Chaque titre est disséqué et étudié sous tous les angles : « A qui tu t’adresses ? », « Quelle est l’émotion de ton texte ? », « Qu’est-ce que tu veux nous dire ? », « Sois plus sensuel dans ta chanson sur les chats ». Ou encore : « Ce titre est rock’n’roll, énerve-toi quand tu chantes ! Pousse-moi, prends-toi pour Elvis, vas-y bouge ton bassin ! »…

Place au filage. Chaque geste, chaque intervention entre les morceaux, est calé au millimètre. Finis les concerts à l’arrache, maintenant, je fais des showcases. Merci les coachs, je comprends enfin le langage des pros, je peux désormais passer à l’étape supérieure. Direction Chez Madame Arthur, l’ancien cabaret transformiste pour mon premier vrai plateau.

 

À découvrir aussi :

Épisode #1 : L’île aux requins

On m’a souvent dit que Jérémy Sans Famille, c’était un nom pourri. Pourquoi s’appeler comme le pauvre gamin d’un dessin animé que ma mère m’avait interdit de regarder car il me faisait pleurer tous les mercredis ? Pour comprendre, flash-back sous les tropiques, à l’île de la Réunion (…) lire la suite

Épisode #2 : À l’assaut du métro

Les gens arrivent par vagues. Je m’agrippe à mon ukulélé. J’ai l’impression d’être un pirate échoué entre les lignes 2 et 12 du métro Pigalle. Mais comment en arrive-t-on à une telle dérive ? Pour avoir le droit de jouer dans le métro, il faut d’abord passer une audition (…) lire la suite

Épisode #3 : Dans l’enfer des cafés-concerts

Du rade de quartier au café-concert, je vous emmène faire la tournée des grands ducs. On y va pour draguer ou retrouver des amis après le boulot. Mais les bars sont avant tout des lieux rêvés pour pratiquer l’activité préférée des Français : écouter de la musique. C’est parti pour un petit tour des troquets (…) lire la suite