Épisode #3 : Dans l’enfer des cafés-concerts

Un article paru dans le Magazine Lylo n°11 (février 2016)

Du rade de quartier au café-concert, je vous emmène faire la tournée des grands ducs. On y va pour draguer ou retrouver des amis après le boulot. Mais les bars sont avant tout des lieux rêvés pour pratiquer l’activité préférée des Français… Écouter de la musique.

C’est parti pour un petit tour des troquets de mon quartier pour dénicher mes premières dates. Si la plupart des tauliers sont assez ouverts quant au style musical, ils rigolent dès qu’on leur parle de cachet : « Ici, c’est Paris, pas question de déclarer les musiciens ! ». Le plus souvent, la rémunération s’effectue au chapeau, avec un petit supplément de la part du patron s’il juge que la soirée a été bonne (généralement 10% du bar, enfin ce qu’ils veulent…). C’est vrai, on a souvent le droit à quelques verres offerts, mais les zicos ne mangent pas que de la bière. C’est pourquoi il est important que le public soit conscient qu’un concert vaut bien le prix d’une place de cinéma, comme on se plaît à le rappeler dans un célèbre bistrot à chansons. Jouer dans les bars, c’est un métier . Être intermittent, une façon de vivre décemment. C’est surtout le plus beau métier du monde, comme le chante Eric Toulis.

Avant de faire de la musique, les filles ne me prêtaient pas énormément d’attention. Depuis que je joue de l’accordéon, j’emballe grave. L’accordéoniste a un gros avantage sur tous les autres instrumentistes, une botte secrète que je vais vous dévoiler : tout d’abord, il vous faut choisir une fille dans le public, ensuite lui installer l’engin dans le dos comme un sac de rando, l’enlacer et pianoter sur l’instrument tout en lui faisant danser une valse, collé-serré. C’est d’ailleurs dans un bar de la rue des Martyrs que j’ai fait la connaissance d’une jolie brune. Depuis le coup de l’accordéon, je partage ma vie avec elle.

À découvrir aussi :

Épisode #1 : L’île aux requins

On m’a souvent dit que Jérémy Sans Famille, c’était un nom pourri. Pourquoi s’appeler comme le pauvre gamin d’un dessin animé que ma mère m’avait interdit de regarder car il me faisait pleurer tous les mercredis ? Pour comprendre, flash-back sous les tropiques, à l’île de la Réunion (…) lire la suite

Épisode #2 : À l’assaut du métro

Les gens arrivent par vagues. Je m’agrippe à mon ukulélé. J’ai l’impression d’être un pirate échoué entre les lignes 2 et 12 du métro Pigalle. Mais comment en arrive-t-on à une telle dérive ? Pour avoir le droit de jouer dans le métro, il faut d’abord passer une audition (…) lire la suite

Épisode #4 : À l’assaut des plateaux

Je suis en train de dérouler mes câbles. L’ingé son me demande : « Combien de bains de pied ? ». Bienvenu à File 7 sur une grosse scène avec du matos et de vrais techniciens pour une résidence de deux jours. Je m’étais rencardé au centre FGO-Barbara lors d’une conférence (…) lire la suite